La
bataille de Fleurus du 29 août 1622,
Un épisode de la guerre de trente ans.
Cette bataille est peu connue du grand public.
En effet, elle est absente du Monument aux trois victoires françaises
...
pour la bonne raison que la France n’y a pas participé.
A la fois religieuse et politique, la guerre
de Trente ans a des origines
multiples.
Même si la première fut l’opposition politique et religieuse
entre catholiques et protestants luthériens ou calvinistes, d’autres
facteurs entrèrent en ligne de compte; tentations hégémoniques
ou d’indépendance, rivalités commerciales, rivalités
ou ambitions personnelles y trouvèrent un exutoire.
La bataille de Fleurus de 1622
mit aux prises les troupes espagnoles de la Ligue catholique commandées
par don Gonzalès de Cordova
et celles de l'Union protestante placées sous les ordres de deux célèbres
aventuriers, Ernest de Mansfeldt et l'évêque Christian von
Halberstadt.
 |
Christian von Halberstadt
et Ernest de Mansfeldt ne furent pas des personnages ordinaires.
Fils naturel du comte de Mansfeldt, Ernest de Mansfeldt, fut un redoutable
condottiere de la guerre de Trente ans.
Pour certains historiens, Mansfeldt serait né à Malines en 1585
et sa mère aurait été une dame de cette ville.
Après
avoir combattu du côté espagnol, Mansfeldt passa au service des
protestants.
En 1619, lâché par
ses commanditaires, le condottiere continua sa guerre pour son propre compte.
|
En 1621, traqué, il doit fuir vers la France en unissant ses forces à celles
de Christian von Halberstadt.
Christian, duc de Brunswick-Lunebourg, évêque
luthérien d'Halberstadt, naquit le 10 septembre 1599. Il allait
se rendre célèbre pendant la guerre de Trente ans, non
seulement par son extraordinaire courage et son intrépidité
mais aussi par ses nombreuses rapines et brigandages.
Il apprit le métier
des armes en Hollande, devint évêque d'Halberstadt à la
mort de son frère Christian, en 1616, mais fit la guerre par
goût, par esprit d'aventure et pour assouvir ses mauvais penchants. |
 |
Uni à Ernest de Mansfeldt et il entra avec lui en Alsace puis en Lorraine.
Le pillage, le meurtre et l'incendie y marquèrent leur passage.
Le duc de Nevers, Gouverneur de la Champagne, vers laquelle ils faisaient
mine de s'avancer, s'entendit alors avec les Espagnols pour leur barrer
la route.
Ayant deviné la ruse, Christian et Mansfeldt entraînèrent, à marche
forcée, leurs troupes vers les Pays-Bas espagnols.
Le dimanche 28 août, les deux aventuriers poursuivant leur marche en
empruntant la chaussée Brunehaut (l'ancienne chaussée romaine
qui passe à Fleurus sur le territoire d'Heppignies et Wagnelée)
arrivent à Fleurus.
Les versions quant à la position des ennemis diffèrent légèrement
mais les grandes lignes de la bataille nous sont connues.
Arrivés dans la plaine de Fleurus, ils campent à Wagnelée
vers 6 heures le soir.
Don Gonzalès, avec toute sa cavalerie les y attend, il a pris «position
au Nord de Fleurus, dans la direction de Chassart, sur une éminence
de Saint-Amand, ayant le dos appuyé sur Fleurus et faisant face à la
chaussée romaine» (*).
Stupéfaits, d'apercevoir les troupes de don Gonzalès prêtes à leur
disputer le passage, Halberstadt et Mansfeldt hésitent.
Les forces respectives qui le 29 août vont se heurter à Fleurus,
comprennent du côté des Luthériens 6.000 cavaliers,
et 7.000 à 8.000 hommes de pied, du côté des Espagnols
de la ligue catholique 8.000 fantassins et 2.000 cavaliers. Des deux côtés,
l'artillerie est maigre; elle ne comprend que quelques canons et les Espagnols
n'en ont que deux de plus que les Luthériens.
Le lundi 29 août, dès l'aube, la cavalerie de l'évêque
luthérien charge avec furie mais est repoussée.
Au cours de la bataille, elle chargera six fois l'infanterie espagnole sans
parvenir à entamer le véritable rempart d'acier des piques des
fantassins de la Ligue catholique.
Plus la journée s’avance, plus la mélée est confuse
et terrible.
Après avoir tiré, les soldats des deux partis se cassent le pistolet
sur la tête.
Il s'en faut de peu que les troupes de Mansfeldt et d'Halberstadt ne soient
totalement écrasées mais les Espagnols fatiguent.
Les deux partis luttent déjà depuis 5 heures, lorsqu’enfin
vers 11 heures, Halberstadt et Mansfeldt, rassemblant toutes leurs forces,
parviennent à faire une trouée et prennent la fuite.
Cordova est victorieux puisque maître du champ de bataille.
La journée coûte aux vaincus 3.000 hommes, tués, blessés
ou prisonniers.
Les Espagnols, de leur côté, ont eu 300 tués
et 900 blessés.
Fleurus, où quelques mousquetaires s'étaient retranchés,
fut « presque entièrement incendiée».
Ses troupes étant très fatiguées, don Gonzalès
de Cordova laissa souffler ses soldats jusqu'à 3 h 30 avant
d’entamer la poursuite.
Le lendemain, une troupe de cuirassiers rejoignit l'infanterie ennemie restée
en arrière et la tailla en pièces.
Au total, durant la bataille (nous en avons cité le chiffre plus haut)
et durant leur fuite, Mansfeldt et Halberstadt avaient perdu 11.000 hommes,
leur artillerie et leurs bagages.
Ayant appris qu'il y avait eu bataille à Fleurus, l'Infante
Isabelle ordonna aussitôt que l'on prenne soin des blessés sans tenir compte
du parti auquel ils appartenaient.
Au cours de la bataille de Fleurus, Christian von Halberstadt avait reçu
un coup de feu au bras gauche et il fallut l’amputer. Cette mutilation
ne devait d'ailleurs avoir aucune influence sur « la fougue de ses
passions».
A la Haye, il se fit faire un bras en argent qui remplaça le membre
disparu.
Vous désirez
connaître l'histoire de cette bataille plus en détail, ou
visionner le mini film réalisé par l'OCTF sur les événements de cette
journée ?
Cliquez-ICI.
(*) Cette version est contredite
par certains documents en notre possession.
|