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Les armées du XVIIème siècle

Du côté espagnol, l’unité de base qui est alignée est le tercio.
Inspiré par la phalange macédonienne, le tercio est un mélange. Tant par les troupes qui le composent, provenant des possessions espagnoles partout en Europe, que par les spécialités des hommes.
Une unité appelée tercio comprend de 2500 à 3000 hommes. En règle générale, elle est composée d’un tiers d’arquebusiers et d’hallebardiers et de deux tiers de piquiers.
Dans les unités « riches », les arquebusiers sont remplacés par des mousquetaires dont l’arme plus puissante perce facilement les armures; dans les unités « pauvres » on rencontre encore parfois des arbalétriers et même des archers mieux coûteux que les armes à feu.

Mais l’essentiel de la troupe est constituée de piquiers armés d’une pique longue de plus de 5 mètres.
Au cours de la bataille, la troupe se range en ligne, piques pointées vers l’ennemi.
Les arquebusiers assurent la protection des ailes, cependant que les hallebardiers se glissent entre les rangs des piquiers pour éviter l’approche des troupes à pied de l’ennemi.

Selon le type de troupe qu’ils affrontent, les piquiers utilisent leur arme de manières différentes. Face à des troupes à pied, les piquiers portent leurs armes à hauteur de visage coincé au niveau du coude tandis que de l’autre bras, tendu vers l’arrière, ils dirigent la pique vers la poitrine et le visage de l’adversaire.
Face à des cavaliers, le piquier plante le manche de la pique dans le sol, le bloque d’un pied et dirige l’arme des mains vers le poitrail des chevaux qui s’approchent.


C’est face à ce second type d’attaque que l’emploi de piquiers se révèle le plus efficace.

La cavalerie ayant pour objectif premier de briser les carrés ennemis, sa puissance est proportionnelle à sa masse mais dépend surtout de sa vitesse au moment de l’impact.
Face à une muraille de piques qui met à plus de cinq mètres les hommes abrités derrière, une charge n’a que peu de chance de passer.
Toutefois, une solution existe.
La charge doit s’approcher à portée de tir, vider ses armes et se retirer pour recharger.

Chaque cavalier étant armé de plusieurs pistolets à un coup, à terme, les rangs des piquiers seront assez éclaircis pour permettre un passage en force.
Cette tactique, si elle est efficace n’en est pas moins extrêmement coûteuse en hommes et est d’ailleurs assez peu employée du fait d’une coutume assez curieuse et étrangement civilisée de ce temps.
Celle-ci veut en effet que le combat se déroule entre « gens de métier », ainsi, les piquiers affrontent les piquiers, les mousquetaires, les mousquetaires et ainsi de suite…

Or la cavalerie constitue la force principale des troupes luthériennes.

Quant à l’artillerie qui a fait son apparition sur les champs de bataille depuis plus de 275 ans, elle fait désormais partie intégrante des tactiques de combat.
Elle jouera sur Fleurus, un rôle important.
Moins par la quantité des pièces disponibles de chaque côté - 4 du côté espagnol contre 2 du côté luthérien - que par l’usage judicieux qui en sera fait.


Les illustrations de cette page ont été réalisées au départ des remarquables dessins de Liliane et Fred FUNCKEN pour l'encyclopédie "Le costume et les armes au temps de la chevalerie", éditions Casterman 1978.

 

 
 
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L. Fauville

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