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La marche à la guerre,
Les grandes lignes de la politique française de 1789 à 1795

En 1789, la révolution a jeté hors des murs de la France toute une tranche de sa population : les émigrés. Aristocrates, opposants au nouveau régime, religieux, nombreux sont ceux qui se sont regroupés à Coblence autour du Comte d'Artois.

Leur objectif est de faire pression sur les souverains étrangers pour qu'ils interviennent en France; tandis que la révolution, qui les exècre, n’attend que l’opportunité de mettre la main sur eux.

Dans cette atmosphère, la moindre étincelle pourrait déclencher une guerre.
Hors l’humeur de la France de l’époque est belliqueuse. Noyés dans les problèmes intérieurs, les dirigeants  du pays, cherchent un repoussoir pour éviter leur propre chute.

Habilement poussée en ce sens, suite à une déclaration du roi de Prusse et de l'empereur d'Autriche où ils manifestent leur inquiétude quant à la situation française, l'Assemblée législative vote à la fin de l'année 1791 plusieurs décrets qui contribuent à crisper davantage la situation.

Elle exige que les émigrés reviennent en France dans un délai de deux mois, sous peine de confiscation de leurs biens.
Elle impose le serment civique aux prêtres sous peine de privation de leurs revenus ou de déportation.
Un dernier décret enjoint les princes étrangers à chasser les émigrés de leurs États.

Comme cela était prévisible, le roi refuse de signer les deux premiers mais accepte de signer le dernier car celui-ci rend pratiquement la guerre inévitable.

Cette signature est un signal fort vis-à-vis des puissances européennes. Louis XVI y avoue tout autant sa peur que son impuissance.

Quelques incidents plus tard, le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche.

Dans les rues de France, on parle alors de « guerre des peuples contre les rois, d'une croisade pour la liberté ».

Louis XVI, qui entretient une correspondance secrète avec les puissances étrangères, sait qu’il jouera dans cette guerre sa dernière chance de sauver ce qui peut l’être encore, il convainc donc la Prusse se ranger aux côtés des Autrichiens.

La réflexion sous tendant ce choix est simple à comprendre.
Une grande part de ses  officiers étant issus de la noblesse, l'armée française est totalement désorganisée par l'émigration. Louis et ses alliés espèrent donc qu’elle n’aura pas la capacité de résister aux redoutables armées unies dans cette coalition.

Les frontières sont rapidement menacées. Dans Paris, la paranoïa est à son comble, la rumeur d'un complot mêlant la noblesse, la cour et les prêtres enflamme les esprits.

L’assemblée vote alors trois nouveaux décrets :

L’un permettant la déportation des prêtres réfractaires.

Le second, la dissolution de la garde personnelle du roi.

Le dernier, la constitution d’un camp de gardes nationaux fédérés pour « défendre » Paris.


Louis XVI  oppose son veto aux décrets sur les réfractaires et les fédérés mais accepte la dissolution de sa garde personnelle.

Une nouvelle flambée révolutionnaire s’en suit.
Le peuple envahit les Tuileries le 20 juin.
Louis XVI, à qui l’on fait porter  le bonnet phrygien devant des sans-culottes goguenard, est humilié mais refuse de céder.
Le 11 juillet 1792, le veto royal est contourné en proclamant "la patrie en danger" et l’on demande à tous les volontaires d'affluer vers Paris.

La réaction du côté austro-prussien est lente, le 25 juillet, le chef de l'armée prussienne, le duc de Brunswick informe le gouvernement révolutionnaire que Paris sera détruite si la vie du roi est à nouveau menacée.

L’embrassement est immédiat.
Le palais des Tuileries est pillé, de nombreux assaillants y laissent la vie mais la garde suisse du roi est massacrée.
Quant au roi, il est « suspendu » de ses fonctions ce qui fait voler en éclat la constitution de 1791.

Pendant ce temps, les troupes coalisées se sont mises en marche sur Paris. Inexorablement, une après l’autre, les places fortes tombent.

Danton a beau déclarer: « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace et la Patrie sera sauvée », le peuple, coincé entre panique et rancœur, explose.
Les tueries durent plusieurs jours, sans intervention, sans condamnation.
Ces «massacres de Septembre» marquent un tournant essentiel.
La révolution se durcit.

Le 20 septembre lors de la bataille de Valmy, l'armée française remporte une victoire inespérée sur les Prussiens qui quittent la France.
Le 21 septembre, la Convention abolit la royauté.
Le 22 septembre 1792, la République est proclamée, le roi est désormais inutile.

La découverte aux Tuileries de la correspondance secrète entre Louis XVI et les puissances étrangères accélère sa chute finale.

À l'issue d’un procès fort peu équitable, le roi est reconnu coupable de trahison et condamné à mort.

Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793 place de la Révolution.

Son exécution provoque peu de remous mais pousse les souverains d'Europe à former la première coalition en février 1793.

En réaction, de nouvelles levées de troupes en masse sont décidées.
La province, qui doit supporter l’essentiel de ces levées et dont la voix semble avoir bien du mal à se faire entendre à paris, se soulève contre cette décision par régions entières. L’Alsace, la Bretagne, le Massif central, la Vendée basculent dans la contre révolution.

Ces soulèvements sont aussitôt réprimés par la force. Une véritable logique de la terreur se met en place. Sous la pression de groupes extrémistes comme les sans-culottes parisiens, le Comité de Salut Public et les Tribunaux révolutionnaires voient le jour.

Pour vaincre les ennemis de la Révolution et pour éviter un retour à la fureur populaire de septembre 1792, le Comité de Salut Public instaurent la Terreur légale.
Une nation de presque 27 millions d’habitants vient de tomber aux mains de groupes extrémistes.

Même si la politique volontariste du Comité de salut public ne permet pas de mettre fin aux difficultés de ravitaillement des villes, elle  permet de sauver la République.
En  septembre 1793, de nouvelles victoires permettent de repousser les membres de la première coalition hors des frontières.
La révolte intérieure est matée dans le sang.
On déchristianise la France.

Dans les mois suivants, à l'initiative de Robespierre, le Comité de Salut Public se renforce encore pour réduire tant l'influence des sans-culottes que celle des extrémistes de tous bords sur la Convention.
Alors que la Terreur se termine en province, elle s'accentue à Paris. Le tribunal révolutionnaire peut désormais seul juger des crimes politiques. La définition d'ennemi de la révolution est élargie à tous "ceux qui cherchent à anéantir la liberté par la force ou par la ruse".

Il n'y plus ni témoin, ni avocat.

Deux sentences sont possibles: la liberté ou la mort pour les "coupables".

La "Grande Terreur" porte bien son nom. En quelques semaines, plus de 1 400 personnes sont guillotinées à Paris.

Ennemis comme amis de Robespierre sont nombreux à payer le prix de cette période de folie.
Des extrémistes comme Hébert, Jacques Roux et Varlier.  
Des indulgents comme Georges Jacques Danton.
Mais aussi Fabre d'Eglantine, le créateur du calendrier révolutionnaire et Camille Desmoulins, pourtant ami de Robespierre, sont guillotinés.

Toutefois, au début de l'été 1794, l'effort de guerre consenti par la nation porte enfin ses fruits.

La victoire de Fleurus, le 26 juin 1794 sera le premier signe de ce redressement.

La nouvelle de ce succès répandit dans la France républicaine une ivresse générale. Dans la foulée, la Belgique fut annexée au territoire français ce qui permit de réquisitionner des vivres dans les régions occupées pour être envoyées en France et calmer les ventres des Parisiens.

La révolution sauvée à Fleurus n’a désormais plus besoin de la terreur et encore moins de celui qui en a été l’un des inspirateurs et l’un des principaux dirigeants : Robespierre.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il est décrété d'accusation par l'Assemblée et arrêté.
Il est guillotiné le lendemain avec ses principaux partisans.
Le lendemain les nouveaux maîtres de la révolution mettent un terme à la Terreur.

La nouvelle Constitution de l’an III est votée le 29 messidor (17 août 1795).

Elle est effective à partir du 4 vendémiaire (26 septembre) de la même année et fonde le nouveau régime du Directoire dont sortira Napoléon Bonaparte.

Ce texte a été composé au départ des articles disponibles sur le site wikipedia auquel la plupart des liens internes renvoient.

 

 
 
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