OCT-Fleurus-logo

Les oeuvres originales sur la bataille du 16 juin 1815

« Napoléon au moulin Naveau, le 16 juin 1815 »   

Napoleon Naveau Patrice Courcelle LOW        

Une oeuvre de Patrice Courcelle

Napoléon, au pied du moulin Naveau, vient de donner instruction à Rogniat de faire percer une lucarne dans le toit du moulin. Un groupe de sapeurs s’avance vers le bâtiment tandis que l’Etat-Major se groupe autour de l’Empereur auquel son premier page tend une lunette.

Une oeuvre peinte est un interprétation par l'artiste des directives générales fournies par le commanditaire. Dans le cas qui nous occupe, la nécessité d'obtenir un portrait de qualité de l'Empereur l'a obligé à s'éloigner du descriptif original de l'oeuvre.

 

Descriptif de l'oeuvre lors de sa commande

 

 Napoleon naveau LO      Un moment précis où Napoléon monte sur le moulin Naveau alors que les Sapeurs vont aménager l’observatoire de la toiture. Ce moment précis montrera l’Empereur qui découvre les positions prussiennes du bout de sa lorgnette et ce sur la plate-forme entourant le moulin. 

Cette oeuvre montre différents éléments inédits :

  • Le visiteur, qui sera mis à la place du Maréchal Blücher observant au départ du moulin de Brye, découvrira au travers d’une lunette fixe, l’Empereur qui le regarde lui-même!
  • Les Sapeurs de la Garde dont l’uniforme est assez exceptionnel seront présentés ici au travail.
  • Au pied du moulin et, accompagnant l’Empereur, seront représenté l’Etat-Major impérial accompagné du général Rogniat et une partie de la Vieille Garde, sans oublier les Chasseurs à Cheval de la Garde, assurant le piquet.

A titre indicatif, voici quelques documents représentants des élements du paysage qui sera présent dans cette oeuvre.

 

Maquette moulin LO

Maquette du Moulin Naveau de Fleurus
présentée dans le cadre du musée de Ligny

 

moulin nav LO

Le moulin Naveau dans les années 1840. 

Moulin naveau LO

 Le moulin Naveau actuellement.

 

  

« Le service des ambulances accompagnant les troupes françaises lors des combats du 16 juin 1815 »    

Une oeuvre de Florent Vincent
Médecins, chirurgiens et troupes du service de santé se portent au secours des premières victimes des combats sur Saint-Amand. Cette oeuvre est un reflet exact des pratiques médicales et du matériel d’époque.
 

Une oeuvre peinte est un interprétation par l'artiste des directives générales fournies par le commanditaire. Dans le cas qui nous occupe, la problématique était de créer une scène à la fois réaliste sans être "trop sanglante". L'artiste en a tiré l'oeuvre qui suit. 

Qu'en pensez-vous ? 

Les ambulances par Florent Vincent

 

 

 

 

 

 

Descriptif de l'oeuvre lors de sa commande 

Cette œuvre décrira les aAmbulances, infirmiers et médecins s’occupant des blessés des premières attaques sur Saint-Amand. 

Composition de l’œuvre :   

Situés presque au même niveau que l’observatoire de Blücher (pied du moulin), nous trouvons les hauteurs à l’Ouest de Saint-Amand, d’où sont parties les troupes de Vandamme et de Girard. Il s’agit ici des positions de la 7e Division de Girard, ce qui permettra de voir les ambulances dans un plan de face (en direction du château de l’Escaille).
 
        ambulance LO

 Le décor :  

 Dans le cas de l’attaque de Saint-Amand, il s’agit de champs de seigle assez élevés d’après les mémoires de témoins oculaires. Comme l’infanterie y est passée en colonnes d’attaques, cela permet une représentation de seigles foulés aux pieds de milliers de soldats et donc aplatis convenablement. Quelques touffes peuvent encore s’élever çà et là.  

infirmier LO

S’afférant autour des blessés, des ambulanciers mais aussi quelques chirurgiens et aide-chirurgiens seront placés. Deux modèles de chariots « ambulance » seront à placés dans la composition. Une à deux chevaux et une avec un seul cheval. Au sol, des blessés et cadavres d’infanterie de ligne ou légère. Il est important de signaler que vu la distance à laquelle se situe cette scène, les blessures auront été causées par des boulets ou bombes de mortier. Pas de blessures d’armes légères.

Les tenues et l’occupation des infirmiers et chirurgiens seront représentés au maximim. Pour les infirmiers, une grande attention sera accordée, la représentation des pauses mais aussi du matériel et de l’habillement (avec shako, bonnet de police, tablier, etc…).

Modèle d’ambulance mobile de Larrey à deux chevaux    

ambulance 2 chevaux LO

 

 

 

 

 

 

 

 

Modèle d’ambulance mobile de Larrey avec un seul cheval.     

ambulance 1 cheval LO

 

chirurgien 1 classe LO

chirurgien 3 classe LO

Chirurgien de 3e Classe en tenue de route

chirurgiens infirmiers LO

Chirurgiens de la Garde et infirmiers

 

Chirurgien de 1ère Classe

 

   

  

soldat blesse 2 LO  soldat blesse LO 

ambulancier LO

 

 

 «Intervention du Corps de Drouet d’Erlon en fin de journée du 16 juin 1815» 

 Une oeuvre de Patrice Courcelle

Deux sous-officiers prussiens et un officier, placés en Avant du village de Wagnélée (visible à droite), découvrent l’arrivée sur le champ de bataille d’un corps d’armée inconnu. Il s’agit du corps d’armée de Drouet d’Erlon, envoyé depuis les Quatre-Bras par le Maréchal Ney.

Une oeuvre peinte est un interprétation par l'artiste des directives générales fournies par le commanditaire. Dans le cas qui nous occupe, l'artiste à choisi "d'inverser" le point de vue de l'image, l'accent étant placé sur les éclaireurs prussiens découvrant l'armée de ces troupes inconnues.

Qu'en pensez-vous ?

Erlon Patrice Courcelle LOW

 

 

 

 

 

 

 

 

Descriptif de l'oeuvre lors de sa commande

Dans le lointain, sur la gauche française, une tête de colonne apparaît sur le tracé de l’ancienne chaussée romaine (Chaussée Brunehault). Elle se dirige sur Wagnelée en suivant cette route. En tête, des cavaliers du 3e régiment de chasseurs à cheval de la brigade Bruno, faisant partie de la 1ère division de cavalerie de Jacquinot. Derrière cette cavalerie, une colonne d’infanterie.

Les drapeaux sont-ils déployés ?

Peu de chance car alors l’Empereur n’aurait pas hésité ; ni lui ni Vandamme qui, beaucoup plus près (au moins trois kilomètres), hésite et fait prévenir l’Empereur. Le bleu des uniformes de l’infanterie et le vert foncé des chasseurs à cheval se confondent de loin avec le noir des Prussiens….

Il s'agit ici d'un instant important qui se passe vers 18h00, c’est-à-dire en pleine clarté en ce mois de juin.

Il est important d’imaginer cette colonne comme étant vue au travers d’une lunette, dans la fumée des fusillades du champ de bataille à hauteur de Saint-Amand et dans le lointain. On distingue les cavaliers sur leur monture et les fantassins qui suivent mais sans les identifier avec une totale certitude. La colonne est flanquée de tirailleurs et quelques cavaliers assurant le piquet de reconnaissance avancée en direction de Wagnelée. Le tout à travers les trouées dans les arbres et les courbes de l’horizon.

Le flou doit être maintenu même à travers la lorgnette. On doit voir les personnages mais surtout l’effet de masse, tout en assurant l’impossibilité de pouvoir affirmer que cette colonne est française et ainsi faire partager aux spectateurs le ressenti de Blücher et de Napoléon.

En arrière plan, il y aura le Moulin (à vent) de Chassart (celui situé près de la ferme du même nom). Le moulin se trouve un peu en avant plan et à gauche de la tête de colonne. Les tirailleurs et la cavalerie sont à peu près à sa hauteur.

Rappelons que le 1er Corps vient de Mellet, par la chaussée romaine, et arrive à l’ouest de Wagnelée. D’après Houssaye, la position atteinte par le 1er Corps doit se trouver à environ 2000 mètres à l’ouest de Saint-Amand et à 1500 mètres au sud-ouest de Wagnelée. Cette position est à trois kilomètres de Fleurus. Enfin, pour peaufiner cette situation cartographique, certains auteurs mentionnent la tête de colonne de Durutte à 3 ou 400 mètres au sud du moulin Chassart. Avant de repartir avec son Corps d’Armée vers les Quatre-Bras, d’Erlon laisse la 4ème division de Durutte et la cavalerie de Jacquinot en vue de Wagnelée. Malheureusement aucun ordre n’accompagne son départ si ce n’est une consigne « d’être prudent ».

La colonne vue par l’Empereur de Fleurus …

Vers 18h00, un officier de liaison envoyé par le général Vandamme jette néanmoins la confusion à l’état-major impérial. Il signale l’arrivée d’une colonne non reconnue qui progresse de la direction de Villers-Perwin vers Wagnelée. L’Empereur interrompt alors la mise en place de son dispositif d’attaque prévu pour percer le centre ennemi et fait reconnaître cette colonne qui s’avère être les unités du comte d’Erlon. Comme nous le savons aujourd’hui, ce dernier recevant un contrordre du maréchal Ney, retournera vers les Quatre-Bras pour aussi y arriver trop tard et ne pas prendre part à l’action.

Afin d’avoir une idée de la « masse » représentée par cette colonne, voici la liste des unités en faisant partie ainsi que leur effectif.

4ème division d’infanterie sous les ordres du lieutenant-général comte Durutte

O &T = total officiers et troupe

Première brigade : maréchal de camp chevalier Pegot

  • 8ème régiment d’infanterie de ligne : colonel Ruelle ==> 983 (O & T)
  • 29ème régiment d’infanterie de ligne : colonel Rousselot ==> 1146 (O & T)

Deuxième brigade : maréchal de camp Brue

  • 85ème régiment d’infanterie de ligne : colonel Masson ==> 1031 (O & T)
  • 95ème régiment d’infanterie de ligne : colonel Garnier ==> 1100 (O & T)

Artillerie et train

  • 9ème compagnie du 6ème régiment d’artillerie à pied : capitaine Bourgeois ==> 84
  • 3ème compagnie du 1er escadron du train : capitaine Drulin ==> 93

Génie

  • 4ème compagnie du 2ème bataillon du 1er régiment du génie : capitaine Parentin ==> 71

1ère division de cavalerie : lieutenant-général baron Jacquinot

Première brigade : maréchal de camp baron Bruno

  • 7ème régiment de hussards : colonel baron de Marbot ==> 439 (O & T)
  • 3ème régiment de chasseurs à cheval : colonel marquis A. de La Woestine ==> 365 (O et T)

Deuxième brigade : maréchal de camp baron Gobrecht

  • 3ème régiment de lanciers : colonel Martigue ==> 406 (O & T)
  • 4ème régiment de lanciers : colonel Bro ==> 296 (O & T)

Artillerie et train

  • 2ème compagnie du 1er régiment d’artillerie à cheval : capitaine Bourgeois ==> 73
  • 3ème compagnie du 1er escadron du train : capitaine Daux ==> 85

 

L’affaire du 1er Corps d’Armée de Drouet d’Erlon est évoquée dans le numéro 7 des «Batailles Oubliées » écrit par Alain ARCQ et consacré aux combats des Quatre-Bras.

carte villers perwin LO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise en situation sur une carte de la position du Corps d'Erlon à son arrivée dur le champs de bataille.

 

« Les observateurs avertis sur La Tombe »

Une oeuvre de Florent Vincent

Alors que les combats font rage à quelques centaines de mètres d’eux, des soldats se détendent, indifférents, avant de monter en ligne. A l’arrière des officiers d’artillerie montés sur la “Tombe de Ligny” tentent d’organiser le positionnement des pièces et le ravitaillement de celles-ci. Cette scène est inspirée des récits des soldats présents lors de cette bataille. La butte de la tombe fut arasée à la fin du 19ème siècles pour y trouver le trésor qu’elle était sensée contenir; mais de trésor, il n’y avait point.

Une oeuvre peinte est un interprétation par l'artiste des directives générales fournies par le commanditaire. Dans le cas qui nous occupe, l'artiste est resté "au plus près" de la description qui lui avait été fournie et en a tiré l'oeuvre qui suit.

Qu'en pensez-vous ?

observateurs Florent Vincent LOW

 

 

 

 

 

 

 

 

Descriptif de l'oeuvre lors de sa commande

Le lieu-dit La Tombe constituait un magnifique point d’observation. Véritable petite montagne par sa forme, il n’est pas exclu que ce soit d’elle que parle Jean-Roc Coignet dans ses mémoires lorsqu’il dit : « A l’extrémité de l’horizon, et très loin de là, se trouve une petite montagne taillée en pain de sucre, au pied de laquelle il (Napoléon) aperçoit de la cavalerie pied à terre…. »

Tout comme la tombe d’Hottomont à Ramillies, La Tombe est un ancien tumulus de l’époque romaine. Bien entendu, aujourd’hui, il est à peine perceptible à cause des travaux de fouille de la Société Royale d’Archéologie de Charleroi en 1885, mais surtout par l’aplanissement consécutif provoqué par les machines agricoles.

En 1815, les deux tumulus devaient être comparables. Ses dimensions auraient alors été de 11,5 m de haut et 50 m de diamètre, ce qui donnera une bonne base pour la conception de la scène. Comme Coignet ne parle pas d’arbres la recouvrant, on peut imaginer qu’il n’y avait dessus que quelques petits arbustes, du moins au pied. Si nous suivons la logique que l’Empereur s’en sert comme point d’observation durant la bataille, le sommet devait en être bien dégagé et aucun obstacle visuel ne devait entraver l’observation.

 Nous sommes donc loin de la photo suivante, qui peu néanmoins servir de base à la visualisation de la forme du tumulus à travers la végétation. (Tombe d’Hottomont à Ramillies)         tombe hottomont LO 

Par contre, contrairement au tumulus d’Hottomont, « La Tombe » ne se trouve pas en ligne d’horizon mais est bien située à 2 mètres en dessous, ce qui fera, vu du moulin de Bussy, un léger arrière plan marquant l’horizon.

Imaginons cette bute avec, sur son sommet, trois ou quatre officiers d’artillerie, munis de télescopes sur pied, occupés à observer les différentes actions sur le champ de bataille, principalement vers Ligny (ce qui permettra une vue latérale des télescopes). Au pied de la butte, légèrement en arrière, quelques chariots de transports de matériel ainsi qu'un ou deux caissons à munitions, similaires aux caissons d’artillerie.

Derrière la butte, sur les côtés et assis ou couchés sur le bas du versant, quelques hommes du train d’artillerie s’affairent, se prélassent ou regardent la bataille en attendant qu’on les appelle. « Il sera toujours temps de penser à mourir plus tard. Profitons des bons moments » semblent penser ces hommes.

Cette oeuvre sera le seul endroit de « paix et de calme » du champ de bataille.

la tombe LO

Attention ! Ces hommes ne sont pas « blasés » par le spectacle auquel ils assistent, ils sont simplement moins concernés par le combat... Il s’agit d’un juste reflet de la réalité, on les représentera attentifs et concernés pour les officiers et au repos pour la troupe.
A cette époque, les gens vivent dans la guerre depuis plusieurs années. Alors pourquoi s'en faire tant que l'on n'est pas à portée d'obus ou de boulet. De plus, se reposer est important car lorsque l'on vous appellera il faudra être prêt... C'est le seul endroit du panorama où on verra autre chose que de la souffrance, du stress, du sang et la grisaille de la poudre...
Mais il faut aussi que l'on respecte la réalité des choses. La réaction de Lassalle qui disait à ses hommes en parlant de la mitraille "Haut les têtes, ce n'est pas de la m…" en dit long sur l'habitude du soldat qui sait que de toute façon, il y aura bien un jour une balle ou un boulet pour lui.

soldat LO 3 soldats LO   

char LO

Un caisson d'artillerie identique à ceux se trouvant au pied de la butte.

 

« La chute de Blücher »    

Une oeuvre de Patrice Courcelle

Moment important de la bataille de Ligny qui aurait pu faire basculer l’ensemble de la Campagne de 1815.  Le feld-maréchal Blücher lance une une charge de cavalerie de la dernière chance au soir de la bataille.

Dans le cas qui nous occupe, la problématique était de créer une scène s'écartant légèrement des représentations précédentes de cet événement. L'artiste en a tiré l'oeuvre qui suit. 

 

blucher retouchee LOW 

 

 

 

 

 

 

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Descriptif de l'oeuvre lors de sa commande

Contexte et extrait du livre LIGNY 1815

« Qu’on se figure Blücher prisonnier de Napoléon, quelle impression cela n’eût-il pas fait sur le moral de l’armée française, de l’armée prussienne et des peuples alliés ! » Carl von Damitz

Nous allons maintenant porter au lecteur, un événement qui aurait pu être lourd de conséquences pour la suite de cette brève campagne de Belgique et qui se produisit vers la fin de la bataille de Ligny, lors des dernières charges de cavalerie prussienne, avec pour acteurs principaux le feld-maréchal Blücher, commandant en chef de l’armée prussienne du Bas-Rhin et son aide de camp von Nostitz (2).

De plus, nous donnerons un large extrait tiré des souvenirs du général de Rumigny qui nous apportera un éclairage surprenant et assez méconnu de la chute de Blücher.

Il est environ 19h30, sous le court d’une violente et longue canonnade, la garde impériale à pied et à cheval, appuyée en force par les cuirassiers du lieutenant-général Milhaud, déborde le village de Ligny de droite et de gauche et fait brèche dans la ligne de résistance prussienne.

Devant Ligny, toute la réserve d’artillerie de la Vieille Garde commence le pilonnage et couvre de projectiles les positions prussiennes de Ligny. Les têtes de colonnes françaises s’avancent dans le ravin de la Ligne par sections et demi-sections, suivent le terrain, souvent accidenté, et pénètrent enfin dans Ligny.

Tout y est bouleversé, renversé : le cimetière, les abords de l’église, les ruelles sont couvertes de cadavres, de blessés agonisants. C’est une véritable vision de cauchemar.

Cette avalanche de 6000 hommes d’élites bouscule ce qui tient encore des 21 maigres bataillons de Henckel, de Jagow, de Kraft, de Langen. Les Français brisent toute résistance, souvent opiniâtre et désespérée de la part des Prussiens épuisés et parviennent à hauteur de Sart Malet. Blücher arrive de La Haye, au grand galop, sur le centre du dispositif prussien et constate les dégâts. La situation devient vraiment critique pour son armée. Il faut qu’il réagisse très vite pour empêcher les Français de déboucher au dessus de Ligny. Les troupes prussiennes, n’en pouvant plus, sont rejetées sur le plateau de Brye.

Maintenant, Napoléon menace sérieusement de couper l’armée prussienne en deux et d’envelopper la droite de celle-ci. Le vieux Blücher, selon le mot du major Grolman, « ne se regarde jamais comme vaincu tant qu’il peut continuer le combat ».

Malgré les dégâts, il reste optimiste, un suprême effort de l’armée prussienne peut rejeter les troupes françaises dans Ligny en flammes et stabiliser le front.

Blücher va utiliser sa dernière carte, c’est-à-dire la cavalerie de réserve de Röeder postée entre Brye et Sombreffe. Auparavant, le vieux renard prescrit à ce général de tenir sa cavalerie prête à passer à l’action.

Le major Gröben ayant aperçu les gros-talons déboucher de Ligny, stoppe l’aide de camp envoyé par Blücher et lui fait porter l’ordre à Röeder d’accélérer son mouvement vers le centre au plus vite.

Il fait encore jour, et le vieux feld-maréchal commande au 6ème Uhlan de charger le flanc droit de l’ennemi, que l’artillerie et la mousqueterie prennent en tête. Les grenadiers français se reforment sous une grêle de balles et de mitraille. Conduits par le célèbre et fameux von Lützow, les menaçants cavaliers noirs se précipitent audacieusement sur le 4ème Grenadier de la Garde qu’ils prennent pour de la simple garde nationale mobilisée, cette méprise étant due à la disparité des uniformes, shakos, bonnets, etc. Les uhlans sont mis en désordre puis, accueillis par une salve à petite portée, sont refoulés et enfin poursuivis par les cuirassiers qui font prisonnier le colonel von Lützow, désarçonné. Le 6ème Uhlan perd dans cette affaire 13 officiers et 70 hommes, le reste du régiment, tournant bride, se met à l’abri du feu français. Une seconde colonne de cavalerie, composée du 2ème Dragons (1er de Prusse Occidentale) du lieutenant-colonel von Woisky et du 2ème de Cavalerie de Landwehr de Kurmark du major von Kameke, s’élancent et sont rapidement chargés de flanc et culbutés par les lourds cuirassiers de la division Delort. C’est un pitoyable échec de la cavalerie prussienne.

Une troisième charge, réunissant 24 escadrons, ne réussit pas mieux à entamer les Français, le plus grand désordre régnant dans les rangs prussiens.

Dépité et plein de colère, le vaillant Blücher rassemble alors ce qui reste du 6ème Uhlan qui s’est rallié et prend la tête de la charge qui s’élance puis aborde les cuirassiers dans un choc formidable qui les malmène et les repousse sur leur position de départ. Mais les prussiens sont vite poursuivis de près, sans possibilité de manœuvrer. L’obscurité commence à gêner les combattants.

A ce moment précis, un nouveau coup de théâtre est évité de justesse. Le magnifique cheval gris de Blücher est atteint mortellement au flanc gauche près de la sous-ventrière. Blücher sentant faiblir et fléchir sa monture crie à l’aide et dit à son aide de camp, le capitaine von Nöstitz : « Nöstistz, Ich bin verloren ! » (Nöstitz, je suis perdu !).

Au moment même, le cheval s’effondre, épuisé, sur le flanc droit, ensevelissant à demi son cavalier, coincé et tout étourdi de sa chute brutale.

Avec lucidité et grand courage, von Nöstitz s’arrête, met pied à terre pour secourir son chef vénéré, tient son cheval en bride, tire l’épée et demeure immobile pour ne pas attirer l’attention des cuirassiers français qui approchent. C’est en effet le 9ème Cuirassier du colonel Bigarne qui charge les débris du 6ème Uhlan.

La rapide poursuite, jointe au crépuscule, empêche les Français de remarquer le petit groupe de gradés prussiens. D’ailleurs, ils passent si près que l’un d’eux, au galop, heurte furieusement le cheval de von Nöstitz. Après une attente angoissante, les cuirassiers sont ramenés à leur tour par une contre-charge du 6ème Uhlan. Le danger quelque peu écarté, von Nöstitz appelle à l’aide et arrête le sergent Schneider qui met pied à terre avec quelques téméraires cavaliers.

Le sous-officier prête son cheval sur lequel on hisse Blücher, fortement commotionné, meurtri et à demi-évanoui. Il est conduit en sécurité sur les arrières par le major v.d. Bussche-Ippenburg (16).

Le général en chef de l’armée du Bas-Rhin est sauvé et mis à l’abri, l’ayant malgré tout échappé belle. Treskow intervient à son tour avec des renforts de cavalerie, Dragons de la Reine, Dragons et Uhlans de Brandebourg, pour prêter main forte à ses camarades du 6ème Uhlans toujours en grande difficulté.

Sur le plateau de Brye, les escadrons français et prussiens s’entrechoquent dans la nuit à la lueur sinistre des incendies donnant un spectacle terrifiant. Seuls les cuirassiers de Delort et les Dragons de la Garde sont engagés mais ces derniers obligent leurs homologues prussiens à plier et à décrocher. Les carrés de la Garde à pied suivent lentement la cavalerie française.

Le centre du dispositif prussien est maintenant enfoncé, la droite contrainte à un repli sous peine d’enveloppement et d’être pris en tenaille. Seul Thielman a réussi à conserver toutes ses troupes en bon ordre, de sorte que s’il a reculé méthodiquement à l’annonce de la perte irrémédiable du pivot stratégique de Ligny, il a laissé des troupes à Sombreffe. La bataille doit s’arrêter par cause de la nuit noire qui recouvre le champ de bataille, même si les tiraillements continuent sur la ligne Brye-Sombreffe.

« Qui oserait prétendre que la captivité de l’indomptable Blücher n’aurait en rien influé sur le résultat des journées suivantes ? » Charles Malo

Ceci est l’histoire telle que nous la connaissons tous. Nous portons maintenant à la connaissance du lecteur un extrait des souvenirs du général comte de Rumigny, concernant la chute de Blücher à Ligny et son sauvetage incroyable par son aide de camp von Nöstitz

« A ce moment, Blücher, apercevant ce mouvement décisif, lança ses hussards noirs pour arrêter la cavalerie du général Exelmans et du général Pajol, qui s’avançait en dehors du village à notre extrême droite. Il conduisit lui-même la charge, et je tiens du général prussien comte de Kostitz il s’agit de Nostitz, aide de camp du roi de Prusse en 1842), alors aide de camp de Blücher, le fait suivant que je transcris dans les termes où je l’ai écrit sous sa dictée.

Textuel :
« Nous galopions avec le maréchal Blücher, lorsque le cheval du maréchal trébucha et tomba de telle façon que la cuisse du maréchal fut prise et que ses efforts ne purent la dégager.
Le sous-officier d’ordonnance sauta alors pour débarrasser notre chef et j’en fis autant, lorsque tout à coup une charge de cuirassiers français nous arriva comme la foudre.
Le maréchal était par terre, et moi dans l’impossibilité de le sauver. Je me mis devant lui en signalant par des gestes notre détresse aux cavaliers. Ces braves soldats, malgré l’entrain de la charge, détournèrent leurs chevaux, en respectant notre malheur.
Quelques minutes après, les hussards noirs revinrent à la charge, firent plier les cuirassiers; et, au retour, comme à leur premier passage, les cuirassiers détournèrent leurs chevaux pour ne pas blesser des ennemis désarmés.»

Tel fut son récit, et je ne pus m’empêcher de soupirer en pensant à toute la haine que Blücher nous portait, et au mal qu’il avait fait à la France.»

Ce témoignage extraordinaire et digne de foi est capital et essentiel pour la compréhension de cet épisode.

Premièrement, il démontre que l’obscurité et la pénombre ne sont pas les causes de la « non capture » du feldmaréchal prussien. En effet, les journées de juin sont longues et il fait jour très tard, malgré l’orage qui a éclaté vers sept heures du soir et assombri le champ de bataille.

Deuxièmement, les cuirassiers français n’ont pas osé sabrer von Nöstitz et Blücher parce qu’ils n’étaient pas armés à ce moment précis et qu’ils ne constituaient pas une menace. Il faut préciser que l’infanterie, « normalement », se charge de remettre les traînards et prisonniers sur le terrain conquis.

Autre élément non négligeable, les cuirassiers ont peut-être aperçu Blücher et son aide de camp mais la tenue sombre et simple du feldmaréchal ressemblant à celle de la landwehr, à peut-être sauvé le chef de l’armée du Bas-Rhin. Blücher avait failli être fait prisonnier en 1814, lors de la campagne de France à Brienne-le-Château et Vauchamps. Encore une fois, la chance lui a souri, pour le plus grand malheur de Napoléon et de la France.

 La chute de Blücher  La chute de Blücher  La chute de Blücher  La chute de Blücher

 

  « La perçée de Saint-Amand »    

Une oeuvre de Patrice Courcelle
Médecins, chirurgiens et troupes du service de santé se portent au secours des premières victimes des combats sur Saint-Amand. Cette oeuvre est un reflet exact des pratiques médicales et du matériel d’époque.
 

Une oeuvre peinte est un interprétation par l'artiste des directives générales fournies par le commanditaire. Dans le cas qui nous occupe, la problématique était de créer une scène à la fois réaliste sans être "trop sanglante". L'artiste en a tiré l'oeuvre qui suit. 

 

percee de saint amand LOW

 

 

 

 

 

 

 

 

Une vue en détail du panorama de l'entité de Fleurus, la zone bordant le coté gauche du village de Saint-Amand avec vue sur les routes vers Ligny et Fleurus, est disponible ci-dessous. Cette image reprend la zone utilisée pour la création de l'oeuvre originale intitulée "La percée de Saint-Amand". L'image qui vous est présentée dans cette page n'est disponible que dans une seule résolution ( 8930 x 1675 pixels).

 

 Détail du panorama de Fleurus, vue de Saint-Amand et des routes vers ligny et Fleurus

 

 Descriptif du tableau d'un point de vue historique

Pour la facilité de l’artiste, nous avons divisé le paysage en quatre parties, positionnées de gauche à droite et portant respectivement les numéros 1, 2, 3 et 4.

perce de saint amand EXPL

 

 

 

 

 

 

 

Partie 1.

Sur le chemin en avant plan doit se trouver une batterie d’artillerie prussienne positionnée comme sur le plan en annexe A et ce à hauteur de la ligne oblique plus foncée dans le champ. Cette batterie sera positionnée de manière à former chicane dirigée vers Saint-Amand.

perce de saint amand BAT PRUS 

Derrière elle et sur son côté gauche sera positionnée une seconde batterie mise en oblique et tournée plus ou moins en direction du terril. Au moins un puits à munitions sera représenté derrière une des deux batteries.

Dans le fond du terrain réel, soit dans l’herbe devant les peupliers, sur le bord du chemin seront représentées deux batteries de la Garde (pièces de douze). Cette représentation pourra s’étendre sur la partie 2 de la toile.

Devant ces batteries, il faudra représenter les unités de la Garde se dirigeant vers Ligny, soit vers la gauche, dans la partie la plus claire du terrain.

 

Partie 2.

Devant la batterie prussienne formant chicane et à l’avant-plan de la toile. Représentation de l’attaque des batteries par le 22e de Ligne français montant à l’attaque depuis Saint-Amand. Cette représentation s’étendra sur les partie 2,3 et 4 de la toile, sans faire sortir les troupes du bois du château de l’Escaille.

Dans le fond du terrain réel, soit dans l’herbe devant les peupliers, sur le bord du chemin seront représentées deux batteries de la Garde (pièces de douze). Cette représentation s’étend sur les parties 1 et 2 de la toile.

Devant ces batteries, il faudra représenter les unités de la Garde se dirigeant vers Ligny, soit vers la gauche, dans la partie la plus claire du terrain et derrière les petits arbres formant une ligne dans le fond du terrain réel.

Partie 3.

Dans le champ plus foncé, représenter une colonne d’attaque française par bataillons qui marche de façon oblique et se dirigeant dans la direction des batteries prussiennes représentées sur la toile. A l’avant plan dans le champ situé entre les batteries prussiennes et le village, mettre des voltigeurs aux prises avec des Prussiens qui reculent et se battent tant bien que mal.

A l’arrière plan, devant les arbres et sur la colline, représenter les unités du 6e Corps de Lobau placées en réserve.

Partie 4.

Le village doit « flamber partiellement » et « sentir la poudre et le sang ».

Venant du clocher et devant les bois, à l’avant-plan, combats entre fantassins français et prussiens.

Cette partie doit être la plus sanglante possible car elle doit représenter la grande dureté et cruauté des combats acharnés pour la prise ou défense de Saint-Amand.

Imprimer E-mail

Un patrimoine touristique,

historique et naturel...

Se restaurer & se loger

Nous contacter

OCT-Fleurus-logo-contact

Rue de la Virginette, 2
6220 Fleurus

Tél. 071.88.50.72 Fax 071.888.533

Nous contacter