« Les
observateurs avertis sur La Tombe »
L'oeuvre
de Florent Vincent
Alors que
les combats font rage à quelques centaines de mètres d’eux,
des soldats se détendent, indifférents, avant de monter en ligne.
A l’arrière des officiers d’artillerie montés sur la “Tombe
de Ligny” tentent d’organiser le positionnement des pièces
et le ravitaillement de celles-ci.
Cette scène est inspirée des récits des soldats présents
lors de cette bataille.
La butte de la tombe fut arasée à la fin du 19ème siècles
pour y trouver le trésor qu’elle était sensée contenir;
mais de trésor, il n’y avait point.
Une oeuvre peinte
est un interprétation par l'artiste des directives générales
fournies par le commanditaire.
Dans le cas qui nous occupe, l'artiste est resté "au plus près" de la description
qui lui avait été fournie et en a tiré l'oeuvre
qui suit.
Qu'en pensez-vous
?

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Descriptif de l'oeuvre
lors de sa commande Le lieu-dit La Tombe constituait
un magnifique point d’observation.
Véritable petite montagne par sa forme, il n’est pas exclu que
ce soit d’elle que parle Jean-Roc Coignet dans ses mémoires
lorsqu’il dit : « A l’extrémité de l’horizon,
et très loin de là, se trouve une petite montagne taillée
en pain de sucre, au pied de laquelle il (Napoléon) aperçoit
de la cavalerie pied à terre…. »
Tout comme la
tombe d’Hottomont à Ramillies, La
Tombe est un ancien tumulus de l’époque romaine.
Bien entendu, aujourd’hui, il est à peine perceptible à cause
des travaux de fouille de la Société Royale d’Archéologie
de Charleroi en 1885, mais surtout par l’aplanissement consécutif
provoqué par les machines agricoles.
En 1815, les deux tumulus devaient être comparables. Ses dimensions
auraient alors été de 11,5 m de haut et 50 m de diamètre,
ce qui donnera une bonne base pour la conception de la scène. Comme
Coignet ne parle pas d’arbres la recouvrant, on peut imaginer qu’il
n’y avait dessus que quelques petits arbustes, du moins au pied. Si
nous suivons la logique que l’Empereur s’en sert comme point
d’observation durant la bataille, le sommet devait en être bien
dégagé et aucun obstacle visuel ne devait entraver l’observation.
| Nous sommes donc
loin de la photo suivante, qui peu néanmoins servir de base à la
visualisation de la forme du tumulus à travers la végétation.
(Tombe d’Hottomont à Ramillies) |
 |
Par contre, contrairement
au tumulus d’Hottomont, « La
Tombe » ne se trouve pas en ligne d’horizon mais est bien située à 2
mètres en dessous, ce qui fera, vu du moulin de Bussy, un léger
arrière plan marquant l’horizon.
Imaginons cette bute avec, sur
son sommet, trois ou quatre officiers d’artillerie,
munis de télescopes sur pied, occupés à observer les
différentes actions sur le champ de bataille, principalement vers
Ligny (ce qui permettra une vue latérale des télescopes). Au
pied de la butte, légèrement en arrière, quelques
chariots de transports de matériel ainsi qu'un
ou deux caissons à munitions,
similaires aux caissons d’artillerie.
Derrière la butte, sur les côtés et assis ou couchés
sur le bas du versant, quelques hommes du train d’artillerie s’affairent,
se prélassent ou regardent la bataille en attendant qu’on les
appelle. « Il sera toujours temps de penser à mourir plus tard.
Profitons des bons moments » semblent penser ces hommes.
Cette
oeuvre sera le seul endroit de « paix et de calme » du
champ de bataille.

Attention ! Ces hommes ne sont
pas « blasés » par le
spectacle auquel ils assistent, ils sont simplement moins concernés
par le combat...
Il s’agit d’un juste reflet de la réalité, on les
représentera attentifs et concernés pour les officiers et au
repos pour la troupe.
A cette époque, les gens vivent dans la guerre depuis plusieurs années.
Alors pourquoi s'en faire tant que l'on n'est pas à portée
d'obus ou de boulet.
De plus, se reposer est important car lorsque l'on vous appellera il
faudra être
prêt...
C'est le seul endroit du panorama où on verra autre chose que
de la souffrance, du stress, du sang et la grisaille de la poudre...
Mais il faut aussi que l'on respecte la réalité des choses.
La réaction de Lassalle qui disait à ses hommes en parlant
de la mitraille "Haut les têtes, ce n'est pas de la m…" en
dit long sur l'habitude du soldat qui sait que de toute façon, il
y aura bien un jour une balle ou un boulet pour lui.

Un caisson
d'artillerie identique à ceux se trouvant au pied de la butte.
Les
autres oeuvres dont la ville a fait l'acquisition :
« L’arrivée à Fleurus
de l’Empereur Napoléon 1er le 16 juin 1815 »
« Le
service des ambulances accompagnant les troupes françaises
lors des combats du 16 juin 1815 »
« Intervention
du Corps de Drouet d’Erlon en fin de journée du 16 juin
1815 »
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