Mines
et charbonnages
De
nombreux Fleurusiens descendent des mineurs. Nous devons en être fiers, pour que notre
mémoire subsiste, pour que nos mineurs ne soient pas morts pour
rien. La mine a détruit leurs corps, ne tuons pas leurs mémoires
!
Etant donné le passé minier important de l'entité de
Fleurus ainsi que de
la région de Charleroi, nous tenons à y consacrer une page.
Voici donc toute une série d'informations à ce sujet, provenant
de textes originaux dus à différents auteurs.
Nous tenons à remercier plus
particulièrement Monsieur Jean-Marie AUBRY pour certains des documents
présentés dans cette page.
Nous espérons que cette rubrique vous en apprendra sur le laborieux
travail de nos ancêtres.

Sur
la photo qui suit, se trouve un réservoir à air comprimé.
Ces réservoirs
servaient à ventiler les puits pour éviter les risques
d'explosion dus au grisou. En effet, certains ouvriers ont perdus des
membres où sont
décédés
suite à une
explosion. C'est pourquoi on y remédiait grâce à ces
réservoirs.


La photo suivante est une mise
en scène. Les dames ne sont pas des rouleuses. Elles profitaient
de la translation des cages dans le puits pour se livrer à l'écran
photographique. Comme on peut le remarquer, elles portent des sabots à bride;
remarquez les bidons en zinc typiques. Leur travail consistait à retirer
les cailloux ou stériles qui passent devant elles sur les courroies,
ce sont donc des trieuses.

Des
hiercheuses, des adultes mais aussi des gamines : la triste réalité d'un
travail inhumain permis par le décret impérial du 3 janvier
1813. Il y avait des conséquences terribles,
comme le 18 août 1868 à Mons : un accident minier coûte
la vie à 51 travailleurs
dont 5 enfants de moins de 11 ans, 11 adolescents de 12 à 15 ans
et 5 femmes dont 3 mères de famille. 

|
Voici un traînage mécanique entre deux sièges d'un
charbonnage. Si l'on compte le nombre de wagonnets et que l'on calcule
le poids de la chaîne qui les tire, les rails,... on aura une idée
des retombées pour la sidérurgie.
Aussi, la fermeture des charbonnages a été une catastrophe sur le
plan économique, le chômage régional endémique nous le rappelle chaque
jour... |
Les
différents éclairages miniers :
- La bougie, fixée
sur le casque de cuir, ou dans une motte de terre glaise faisant office
de candélabre ou encore dans des bougeoirs de formes diverses
souvent dénommés "rats de cave".
- Les lampes à huile (les blendes saxonnes, les frosch westphaliennes, "raves" stéphanoises,...) étaient
plus pratiques mais très dangereuses à cause du grisou. Il a
donc fallu imaginer un système de ventilation pour réduire
les risques (voir plus haut : réservoir à air comprimé).
- Ensuite, nouvelle lampe qui tenait la flamme de la lampe dans
une protection l'empêchant de communiquer le feu à l'extérieur.
La "Geordie" est donc une machine à vapeur ayant connu un
grand succès dans les chemins de fer. Ces lampes firent épargner
beaucoup de vies humaines, mais ne se montrèrent pas efficaces à tous
coups et se trouvaient quelquefois prises en défaut.
- La lampe de Mueseler : cet inventeur belge étudia la lampe existante
et tenta de l'améliorer (éclairage médiocre, insécurité dans
les courants d'air, fragilité du tamis,...). Il conçoit donc
une lampe dans laquelle la flamme est entourée d'un manchon de verre
surmonté d'un diaphragme de toile métallique au travers duquel
passe une cheminée de tôle en forme de cône. Cette cheminée
est elle-même entourée d'un tamis métallique. Les compagnies
minières durent toutes l'utiliser.
- La lampe de Jean Baptiste MARSAUT : La conclusion de ces travaux sera la
construction d'une lampe où la flamme est entourée d'un manchon de verre
surmonté de deux tamis concentriques eux-mêmes à l'abri
sous une cuirasse de tôle
- Lampe anglaise Asworth-Epplewhite-Gray
- Les lampes FUMAT
- Lampe de la manufacture d'Arras type C (Wolf)
- Les lampes à acétylène
- Lampe en aluminium
- Les lampes électriques (ogivale de Douai)
- Les lampes au casque avec batteries électriques portées à la
ceinture
C'est bien la wolf, la fumat, la mueseler ou la marsaut
qu'on appelle aujourd'hui la lampe du grand-père, voire
de l'arrière grand-père qui resteront l'emblème
de la corporation.
Sur
la photo suivante, un
lampiste au début du siècle. Jusqu'au commencement
du 19e siècle, les mineurs employaient des chandelles ou
des lampes à l'huile, donc à flamme nue, d'où un
danger extrême dans les mines grisouteuses.
Ici, on peut voir l'appareil pour le remplissage des lampes
et l'électro-aimant
de fermeture de celles-ci.

En
1818, Humphrey Davy imagine une lampe de sûreté : entourée
d'une toile métallique, la flamme ne peut se propager vers l'extérieur.
Il y a eu ensuite des améliorations dues à Mueseler, Dubrulle,
Marsaux, Pieler et Chesneau avant les lampes électriques. 

Lampe Mueseler,
origine : Belgique.
Constructeur : Cornill à Gilly. Vers 1890.
Lampe
museler à huile fermeture de sécurité à vis
verticale.
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Lampe de
sûreté, origine : Belgique.
Constructeur : Cornil à Gilly. Vers 1900.
Lampe cuirassé à huile
fermeture par vis verticale ascendante
|
Vous pouvez consulter ICI un article très intéressant concernant
les éclairages miniers, depuis la bougie jusqu'aux lampes que nous
connaissons à présent.
Les
grèves de miniers
1868 : Les conditions économiques
toujours aussi difficiles engendrent une nouvelle émeute. A l'Epine,
le major commandant la troupe ordonne le feu et le massacre. Dix personnes
seront mortellement blessées.

Le 25 mars
1886 les mineurs font grève à Fleurus. Ils se dirigent
en bandes vers Gilly et Châtelineau
Bilan de l’insurrection carolorégienne : 24 ouvriers tués,
10 à 150 personnes blessées et plus de 2.500.000 francs – de
l’époque – de dégâts. 40.000 ouvriers en grève
se sont trouvés face à 12.000 soldats.
18
mars 1886 Place Saint-Lambert, Liège.
L’anniversaire de la Commune de Paris tourne à l’émeute |
Du
19 mars 1886 au 28 mars :
Émeutes dans le bassin liégeois : Seraing, Jemeppe,
Flémalle. Pendant deux à trois jours, de violents affrontements
vont opposer ici et là des groupes de grévistes et
les forces de l’ordre.
Bilan des émeutes et grèves de Liège: 3 morts,
67 blessés et 165 à 200 arrestations. 10.000 à 11.000
mineurs et ouvriers métallurgistes ont fait la grève
et se sont trouvés face à 6.000 soldats. De nombreuses
condamnations ont été prononcées par le Tribunal
correctionnel de Liège.
Le 25
mars :
Grève à Fleurus; les mineurs se dirigent en bandes
vers Gilly et Châtelineau
Vers 6 heures du matin, des houilleurs de Taillis-Prés se
concertent dans des cabarets. Dans l’après-midi,
le mouvement s’étend aux puits de Châtelet, Montigny-Sur-Sambre
et Couillet. Des scènes de violence se produisent.
Du 29 mars 1886 aux premiers jours d’avril :
Bilan de l’insurrection carolorégienne : 24 ouvriers
tués, 10 à 150 personnes blessées et plus de
2.500.000 francs – de l’époque – de dégâts.
40.000 ouvriers en grève se sont trouvés face à 12.000
soldats.
Le 28 mars :
La grève s’étend dans le Borinage ; tentative
de dynamitage dans le Centre
Du
25 mars au 1 avril :
Grèves dans les carrières de Maffle, près
de Ath. Des heurts et deux morts
Le
29 mars :
Occupation des usines de la vallée du Hoyoux, près
de Huy
Fin mars :
Grève dans la métallurgie du Namurois
De fin mars à la mi-avril :
Grèves dans les carrières du Namurois, du Tournaisis,
dans la vallée de l’Ourthe (Sprimont)
Fin mars :
Grève dans une filature à Dinant
De fin mars à la mi-avril :
Grève à Andenne et à Wavre
Si les émeutes de mars et avril 1886 ont touché principalement
les bassins de Liège et de Charleroi, il faut noter que des
incidents et des grèves frappèrent d’autres régions
du Pays dont notamment le Borinage, Tournai, Verviers, Alost... Le
1er avril 1886, la Belgique comptait dans son ensemble 100.000 à 150.000
grévistes alors que 50.000 hommes de troupes étaient
mobilisés pour maintenir l’ordre.
(D'après : Albert HENRY, Wallon et Wallonie, dans La Wallonie, le
Pays et les Hommes. Cent
ans de droit social en Belgique, Bruxelles. 1886, La Wallonie née de la grève ?, Colloque
organisé à l’université de
Liège les 29 octobre, 14 et 29 novembre 1986.)
Les
cadavres des grévistes à la morgue de Roux, d'après "L'Illustration"
du 3 juillet 1886 
Après
les fusillades des 26 et 27 mars, Roux va connaître un véritable
état de siège. La tension ne tombera guère en cette année
1886 et particulièrement en octobre et novembre lors de la
grande manifestation de Charleroi et la grève d'Amercoeur. 
Le travail des enfants dans les
charbonnages
Dans
la mine, les enfants devaient effectuer aussi bien le travail
de jour que pour celui de fond.
Dans le charbonnage, leur travail consistait bien souvent
:
- Au balayage et à l’arrosage
des voies et galeries ;
- Au triage des wagonnets de charbon ;
- Au service de commissionnaires aux mineurs ;
- Au service de préposé aux portes d’aérage.
Ils devaient les fermer ou les ouvrir selon la nécessité.
C'était un
travail très important, car les portes, après avoir été fermées,
devaient être rouvertes au moment opportun pour permettre
l’aération des galeries ;
- Au hierchage. L’un des travaux les plus pénibles.
Les enfants devaient tirer ou pousser les wagonnets chargés
de charbon depuis le lieu d’extraction jusqu’à l’ascenseur
du puits. Donc, obligé parfois de ramper dans des galeries étroites
et basses, l’enfant s’attachait au wagonnet par une
sangle et le traînait comme il le pouvait, sur les pieds
ou les mains, tandis qu’un autre, placé derrière
le wagonnet, poussait avec la tête et les mains ;
- Au rallumage des lampes ;
- Au transport des bois ;
- Comme bouteurs ;
- Comme porte-feux ;
- À l’éclairage des chevaux qu’ils précèdent
dans les galeries ;
- Parfois au
relevage des terres de remblayage dans les tailles ;
- Au triage, au criblage et au lavage des charbons ;
- Au nettoyage des lampes.
Voici comment, en 1842,
le docteur Martin Schoenfeld décrit,
dans un grand souci d’exactitude la journée des enfants
dans les charbonnages de Gilly.
«
C’est principalement dans les concessions sous la commune de Gilly
que l’on rencontre le plus d’enfants de l’âge
de dix à douze ans et même au-dessous
de cet âge,
qui travaillent dans les mines. Ainsi, c’est à dix ans,
limite inférieur de l’âge des enfants employés,
que l’enfant de l’ouvrier devient traîneur ou hiercheur.
Le minimum de la journée de travail de cet enfant est
de neuf
heures, depuis sept à huit heures du matin jusqu’à six,
ou depuis cinq à six heures de relève jusqu’à quatre
heures du matin ; le maximum de la journée est de douze heures,
et ce maximum est plus généralement suivi car les ouvriers
traîneurs sont, comme les autres, rémunéré à leur
tâche
et non à la journée. L’enfant se lève à six
heures du matin, se lave tant bien que mal la face et les mains, déjeune
de café faible au lait, à la chicorée, et de pain
; il emporte avec lui son bidon plein du même liquide et du pain
un peu beurré ; dans le courant du travail, il mange et boit selon
que le besoin se fait sentir ; le soir, il mange de la soupe et se couche.
La distance de la fosse à l’habitation est souvent grande
; souvent ces enfants jouent après le travail et jouissent alors
de l’air pur des champs. »
Voici 2 tableaux montrant le nombre d'enfants travaillant dans le
bassin de Charleroi en 1874.


Nouvelles lois suite aux grèves Au
lendemain des évènements
de 1886, les milieux politiques commencèrent à prendre
conscience des graves problèmes sociaux qui existaient en Belgique
dans les mines.
Voici les principales lois sociales qui améliorèrent le
statut de la population minière dans nos régions :
Loi du
13 décembre
1889 :
- Interdiction de tout travail industriel
aux enfants de moins de 12 ans.
- Le travail de nuit est interdit aux garçons de 12 à 16 ans
et aux filles de 12 à 21 ans
- La durée de travail ne peut dépasser 12 heures par jour.
Loi de 1892 :
-
Interdiction du travail des femmes de moins de 21 ans dans le fond
des mines
Loi de 1896 :
-
Obligation pour le chef d’entreprise d’afficher
le règlement de travail dans l’enceinte de l’usine
précisant
le montant salarial, la période de versement, les règles
de préavis de congé, le début et la fin de la journée
de travail, etc.
Loi du 31 mars 1898
:
- Reconnaissance légale des syndicats
Loi du
24 décembre
1903 :
- Protection de l’ouvrier
en cas d’accident de travail
==> Antérieurement à cette
loi, l’ouvrier victime d’un
accident de travail ou ses ayants droits, pour être indemnisé,
devait fournir la preuve de la faute patronale ; ce qui entraînait
une longue et coûteuse action en justice. De ce faite, les victimes
se retrouvaient souvent, faute d’indemnisation, à la charge
de la bienfaisance.
Loi du 17 juillet
1905 :
- Réglementation du repos dominical : pas de travail le dimanche
Loi de 1909 :
-
La
journée de travail est limitée à 9
heures dans les mines
(Recherches de Didier DEPELCHIN)
Voici
à présent toute une série de photos de différents
charbonnages ainsi que quelques notes explicatives
Charbonnages
de Fleurus
Charbonnage Saint-Auguste

Charbonnage
du Nord de Gilly
Calepin de paye des ouvriers
des charbonnages du Nord de Gilly


Charbonnage
Sainte Henriette (Fermeture
de ce charbonnage le 30 juin 1966)


Charbonnage
du Marquis (Vieux- Campinaire)


Charbonnages
de Lambusart
Charbonnage Bonne Espérance

Charbonnage
Petit Try

Sur la photo suivante,
le Petit Try en 1850. A droite se trouvent des maisons ouvrières
dont la construction avait été projetée. (Cliquez sur la
photo pour l'agrandir) 
Petit
article concernant le sabotage du charbonnage du Petit-Try (cliquez sur l'image
pour agrandir)

Charbonnage
Sainte-Elisabeth (Wanfercée-Baulet)
Ce
charbonnage tournait en 3 pauses jour et nuit.
Un ouvrier était payé 147frs par
jour en 1947. Le charbonnage a été liquidé le
1e mai 1961.


Charbonnage
d'Anderlues
 Charbonnages
de Châtelet
Charbonnage
de Boubier (fermeture le 30 juin 1966, actuellement on
y trouve un garage)

Charbonnage
du Carabinier, avec le terril en arrière-plan

Charbonnage
d'Ormont (fermé le 30 juin 1959)

Charbonnages
de Châtelineau
Charbonnage
du Gouffre 

Charbonnage
de Sébastopol

Charbonnage
des Houillères Unies - Puits des Vallées (fermeture
30 juin 1950, actuellement emplacement d'une grande surface)
Chargement des wagons, les femmes amenaient le charbon
à portée des hommes qui lançaient leurs pelletées
dans les wagons.
A l'avant-plan à droite : Mme Paula Hallet.

Charbonnages
de Charleroi
Charbonnage
Sacré-Madame et
Sainte-Barbe au viaduc (fermeture le 15 juin 1961).
Panorama de la Ville Haute.
La Chaussée de Mons passe derrière les cheminées.

Charbonnage
de l'Avenue de Waterloo.

Charbonnage
de la Broucheterre (fermeture le 5 août 1958).
En avant-plan, un ingénieur avec un chapeau-boule entouré
de 2 ouvriers.

Charbonnage
de Mambourg, dit la Porte de Waterloo (fermeture le 1er
juin 1958).
A droite, dans le fond : l'église de Montignies-Neuville.

Charbonnage
de Fiestaux à Couillet (fermé le 1er janvier
1959)
 Charbonnages
de Dampremy
Charbonnage
Sacré-Madame (fermeture le 15 juillet 1961).

Charbonnage
du Bierrau (fermeture le 31 décembre 1972).

Charbonnage
du Sacré Français (fermeture le 1er août
1959).

Charbonnage
Saint-Théodore (fermeture le 31 décembre
1972).

Charbonnage
de Farciennes

Charbonnages
de Fontaine-l'Evêque
Calvaire
Les premières exploitations de Fontaine-l'Evêque date de
1756. 
Pétria
(fermeture le 15 mars 1964).
Le creusement de ce puits commença en 1866 et fut à la
base de la fondation de la société des charbonnages de
Fontaine-l'Evêque qui racheta 6 ans plus tard la concession
de Leernes-Landelies.

Charbonnage
de Forchies-la-Marche (fermeture le 5 mars 1966)
Installation des bains-douches.

Charbonnages
de Gilly
Chaque année, les mineurs payaient un lourd tribut aux
accidents. Ici, un cuffat remonte les victimes d'un coup
de grisou. Rien n'était vraiment prévu pour aider les
familles des morts et des estropiés.

|
Dernier
hommage à ces hommes qui après avoir
travaillé 8 heures ou plus devaient redescendre
ou monter, tous entassés dans un espace
très
restreint.
Le 1er janvier 1892, une loi interdit le travail des enfants
de moins de 12 ans. De plus, les femmes ne pourront plus
se livrer à des travaux souterrains dans les mines, néanmoins
leur tâche reste assez difficile ( tirer ou pousser des
wagonnets). |
Les enfants travaillant
dans les mines

Quatre
mineurs coiffés du casque en cuir (calot) et doté de
leur lampe et de gourdes viennent de remonter d'un puit. 
Charbonnage
de Gosselies

Charbonnage
de Goutroux

Charbonnage
de Houdeng

Charbonnage
de Jumet

Charbonnage
Lodelinsart

Charbonnage
de Marchienne-au-Pont

Charbonnage
de Maurage

Charbonnage
de Marcinelle


Charbonnage
de Montigny

Charbonnage
de Ransart

 Charbonnage
de Roux


Les
catastrophes minières

Un
autre accident le 11 mai 1962.
Il
allait être 12h30, huit hommes étaient occupés, à 350
mètres sous terre, dans la taille nommée
Sainte Marie. C'était un très beau chantier,
la veine a une puissance qui varie entre 80 centimètres
et 1,50 mètre. Tous les mineurs disaient que c'était
une très belle hauteur, et qu'il était vraiment
aisé de travailler dans de telles conditions. Parmi
ces 8 hommes occupés dans le chantier, il y avait
7 italiens et un grec.
Ensuite,
ce fut le drame. Un banc de schiste s'était détaché sur
une longueur de 20 mètres et s'était écrasé sur
les 8 ouvriers. La masse éboulée atteignait
près de 100 tonnes.
Les secours
se mirent de suite au travail. Il est vrai, que dans la
mine, un ouvrier était considéré comme
vivant, aussi longtemps qu'il n'était pas retrouvé.
Dès leur arrivée, les sauveteurs de la Centrale
de Marcinelle avaient dégagé dans le haut
de la taille, tandis que les sauveteurs du charbonnage
attaquaient par le pied. Vers 15 heures, un blessé était
dégagé en bas de l'éboulement, il
s'agissait de l'ouvrier grec, Georges Aloukos, il avait
le bassin fracturé. A 17 heures, un second blessé fut
dégagé en haut de la taille, Antonio Pilliteri,
père de six enfants, la clavicule et des côtes
brisées. Trois corps sans vie furent dégagés
entre 18 et 19h30. Les trois dernières victimes
ne furent retirées que dans le courant de la nuit.
Ces
victimes étaient
Guisseppe Marrali, 37 ans, 2 enfants, habitant
Farciennes.
Angelo Barbera, 30 ans, 1 enfant, habitant
Wanfercée-Baulet.
Giacomo Pittia, 28 ans, célibataire,
habitant Moignelée.
Giovanni Fanara, 23 ans, devait se marier
en Juillet, Braquegnies.
Bruno Savoi, 38 ans, entré fin janvier,
habitant Manage.
Guiseppe Zenobi, 36 ans, veuf, habitant
Bruxelles.
Georges Aloukos avait 33 ans à l'époque
et habitait Bray.
Antonio Pilliteri avait 48 ans et
habitait Maurage.
Une
autre catastrophe minière eu lieu le 3 juillet,
la catastrophe de Saint-Etienne.
217 tués et 50 blessés par le GRISOU (explication plus loin).
Pour lire l'article de journal paru à cette époque, cliquez ICI
Pour consulter le document reprenant toutes les catastrophes minières,
cliquez ICI
Les
maladies des mineurs
- L'ankylostome : le sol humide contient des larves d'anguillules
et d'ankylostomes qui pénètrent par la peau des pieds
des mineurs. La poussière
et le sable sec contiennent eux, des puces djiques
dont les femelles fécondées s'enfoncent dans la peau
des hommes et animaux pour y mener leur gestation à
terme. Les selles des individus infectés contiennent
des oeufs d'ankylostomes et des larves d'anguillules.
Les larves remontent les lymphatiques et le système
veineux jusqu'aux poumons. Elles traversent les parois
veineuses et bronchiques, remontent vers le pharynx
puis redescendent par l'œsophage vers la première
partie de l'intestin grêle. Le
passage des larves par les poumons peut entraîner
de la toux et parfois du bronchospasme,
presque toujours associé à de l'éosinophilie.
L'ankylostome adulte est un petit ver rond (1 cm) qui vit 4 à 7
ans dans le jejunum ou le duodenum. L'infestation massive
peut causer une anémie grave,
voire la mort (pour
plus de détails, cliquez ICI).
- La
silicose :
maladie pulmonaire incurable provoquée par l'inhalation
de poussières contenant de la silice cristalline libre.
Elle est irréversible et, de plus, continue à progresser
même après la fin de l'exposition. La poussière
de silice est libérée au cours d'opérations
dans lesquelles des roches, du sable, du béton et
certains minerais sont broyés ou concassés.
Le travail dans les mines, carrières, fonderies et
sur les chantiers de maçonnerie est particulièrement
dangereux. Année après année, l'exposition
excessive à des
poussières respirables contenant de la silice cristalline
provoque des maladies, des incapacités temporaires
et permanentes, et la mort. Cette maladie touche les hommes
partout dans le monde, en Thaïlande, certains villages étaient
appelés "Villages des Veuves" en raison du grand nombre
d'ouvriers des fabriques de mortiers et pilons qui décèdent
prématurément du fait de la silicose (pour
plus de détails, cliquez ICI)
Les
légendes des mines
-
Vers l'an 1000, dans le petit village de Plennevaux situé près de Liège
en Belgique, Hullos le maréchal ferrant marmonne
tout bas :
"Quelle époque je travaille de plus en plus
et mes gains malgré mes efforts n'augmentent pas".
Le charbon
de bois employé à cette époque
coûte de plus en plus cher. Il continue à taper
fébrilement sur son enclume et n'entend point la personne
entrer dans son échoppe. C'est
un vieillard à la
longue barbe blanche qui lui arrive jusqu'au beau milieu
de la poitrine.
Devant
le désarroi de ce brave travailleur, le vieil
homme lui dit : "Vers la montagne du moine se trouve
un combustible qui remplacera avantageusement le charbon
de bois que tu accuses de tous les maux. Pour
l'extraire il te faut creuser un trou jusqu'à ce
que la terre devienne noire, noire comme l'enfer".
Notre
maréchal ferrant est prêt à creuser
jusqu'aux fins fonds des entrailles de la terre. Le vieillard
continue et lui dit : "cette pierre noire tu la
jetteras sur ton feu et tu verras que sa chaleur est cent
fois supérieure à celle
du charbon de bois qui te coûte tant."
Hullos
remercie l'ancien surpris de tant de générosité,
va sur la montagne comme le bon dieu lui avait dit, car c'était
le bon dieu, et trouve en creusant cette terre noire, brillante,
sale.
Il venait
de découvrir la houille.
Cette légende
est fort connue en Belgique, dans ce qui fut l'un des premiers
grands bassins houillers d'Europe celui de Liège.
- Jean
Hullos le maréchal ferrant est surnommé le
Cacheux. Son
aventure prendrait commencement, au cours d'un de ces hivers
rudes que connaît le Nord, sur les monts d'Anzin.
Le Cacheux en promenade dans la forêt aperçoit
une lumière dans une hutte dont il ignore l'existence. Il
s'approche et aperçoit à l'intérieur
des nains velus, nus comme des vers en train de se réchauffer
autour d'un feu. Il
ne connaît nulle flamme capable de faire des couleurs
identiques à celles qu'il voit. Curieux il sort sa
pipe et entre dans la hutte pour l'allumer. C'est
là qu'il aperçoit que ce qui brûle
n'est ni du bois ni aucune matière inflammable connue à ce
jour. Il interroge les nains sur la provenance de cette pierre
noire qui chauffe d'un feu d'enfer.
Les
personnages lui répondent évasivement
en lui disant des phrases qu'il ne comprend que par brides
du type : " Si on le savait, il y a sous nos pieds
des richesses qui n'ont rien à envier aux pierres précieuses
et aux diamants" ou encore : " Un jour
viendra où les machines marcheront sans l'aide de la force
animale. Elles
se déplaceront toutes seules sur la terre comme
sur la mer". Le Cacheux ne comprend un traître
mot de ce qui lui semble une hérésie. Puis
un signal retentit du fond de la terre et nos nains animés d'une incroyable
agilité disparaissent
dans un trou creusé dans le fond de la cabane.
Jean
le Cacheux veut en savoir plus, il les suit à distance
dans un long tunnel noir qui plonge dans la terre.
Au
plus profond il observe grâce à une multitude
de lumières une ribambelle de nains en train d'exploiter
cette pierre qui brûle. Ils travaillent avec tant de
courage que cela fait chaud au cœur de les voir à l'ouvrage. Un
second signal retentit et les voilà en train de
manger et de boire de grandes chopes de bières moussantes.
Il s'invite au milieu d'un groupe et boit ainsi plusieurs
pintes en leur compagnie, mais il n'arrive pas à percer
le secret de la terre qui "brusle".
Le
lendemain il se réveille seul dans la forêt,
la hutte a disparu les nains aussi. De
retour au village il ne reconnaîtra pas les siens. Dans
la cour de son jardin un chêne qu'il se souvient
d'avoir planté pour l'anniversaire de sa fille, une
semaine avant a une taille incroyable. Comment
un chêne peut-il vieillir aussi vite! Il ne
reconnaît plus les habitants.
Sur
ses dires les villageois veulent le brûler au
bûcher le prenant pour un sorcier. En une nuit il avait
vieilli de cent ans. Il ne doit son salut qu'aux femmes qui se souviennent de
son existence. Il
révèle
alors son secret et dans les monts d'Anzin on retrouve les traces de la pierre
noire, de la houille.
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